Recherche

Sous la direction de Michael E. Sinatra, la recherche menée dans le Centre de recherche interuniversitaire sur les humanités numériques s’articule autour de deux grands axes et d’un observatoire que nous considérons comme nécessaires afin de poser les bases d’une pensée du numérique durant les 3 premières années de son existence.

Axe 1 : « Théorie(s) du numérique » (sous la direction d’Ollivier Dyens)

Axe 2 « Les outils du savoir » (sous la direction de Stéfan Sinclair)

Observatoire (sous la direction de Marcello Vitali-Rosati)

Le travail synergique des chercheurs, collaborateurs et partenaires impliqués est la condition première pour fonder une véritable communauté scientifique des humanités numériques au Québec, communauté  qui partage un objet de recherche, un langage et une méthode, et prendra pleinement sa place à l’échelle internationale.

FinderScreenSnapz001


Axe 1 : « Théorie(s) du numérique » (sous la direction d’Ollivier Dyens)

Le premier axe du CRIHN regroupe des chercheurs qui développent une réflexion théorique sur les enjeux du numérique et sur les changements culturels déterminés par les technologies. L’objectif de cet axe est de fédérer les travaux d’analyse de ces chercheurs afin de clarifier certaines notions clés qui caractérisent l’environnement numérique, telles que la notion d’identité et la redéfinition de la culture dans le contexte du numérique. Le travail collectif des chercheurs vise à produire des objets conceptuels (textes, œuvres numériques, données visualisées) sur lesquels il sera ensuite possible de construire les bases d’un langage commun et de principes théoriques partagés. Ce travail servira aussi à éclaircir les objectifs plus pratiques des autres volets de recherche du Centre.

Cet axe explore aussi les pratiques de dissémination et d’éditorialisation qui se sont transformées de manière radicale avec le web sémantique (ou web de données) et les nombreux autres bouleversements des régimes de communication numérique, tels que l’Internet des objets et la réalité augmentée. Depuis le 18ème siècle, l’édition de l’opinion publique tout comme l’édition savante ont connu des bouleversements constants. Le modèle social et économique de la presse par exemple, en liaison avec le processus de constitution de l’opinion publique et l’organisation de la démocratie, se voit profondément révolutionné sans que l’on sache vers quel nouveau régime d’équilibre le numérique pourra s’orienter. Notre recherche-action sur l’éditorialisation s’inscrit dans ce contexte. Comme les humanistes de la Renaissance, comme les hommes de lettres et les philosophes des Lumières, aux prises avec les changements amenés par le développement de l’imprimerie, nous sommes aujourd’hui responsables de la création des modèles de production, de diffusion et de pérennisation du savoir qui seront probablement à la base de ce que sera la société et la culture de demain. Réfléchir aux formes d’éditorialisation des contenus est loin d’être un enjeu purement pratique : cela demande en amont un travail théorique approfondi, réalisé dans ce premier axe de recherche. Ce travail sera constamment en contact avec le deuxième axe, plus pratique.


Axe 2 « Les outils du savoir » (sous la direction de Stéfan Sinclair)

Le deuxième axe du CRIHN réunit plusieurs chercheurs actifs dans le développement et l’utilisation d’outils informatiques conçus pour la création, l’analyse, la visualisation et la diffusion du savoir dans les humanités. L’ambition principale des chercheurs sur cet axe est de renforcer et d’accompagner les transformations médiatiques, en cours dans les recherches des sciences humaines, du texte imprimé toujours dominant vers le support numérique, tout en optimisant les bénéfices de son potentiel interactif et analytique.

Le terrain actuel pour la recherche dans les humanités reste très inégal. Alors que nous nous sommes vite habitués à un accès immédiat à certains types de données, grâce aux bases de données et aux moteurs de recherche conviviaux, hyper-performants et d’apparence compréhensive (bien qu’il n’en soit rien), l’accès aux connaissances dans les humanités demeure irrégulier et encore relativement artisanal. Seule une faible proportion des publications savantes dans les humanités est numérisée et indexée (surtout comparé aux sciences). Pour le peu de contenus accessibles, le mode d’opération est généralement limité à la recherche simple dans les métadonnées (auteur, titre, collection, date, etc.) ou, dans certains cas, par mots-clés dans le texte intégral. Les bases de données actuelles ne sont conçues que pour la découverte de documents, pas pour leur analyse : pour cela, il faut faire appel à d’autres outils plus sophistiqués (rarement conçus pour les chercheurs non experts en analyse de texte informatisée).


Observatoire (sous la direction de Marcello Vitali-Rosati)

Le CRIHN offre aussi, dans un axe transversal, un observatoire qui développe une veille sur les pratiques émergentes et une vulgarisation des approches liées à la culture numérique.

Son objectif principal est de communiquer avec le grand public pour que la société québécoise soit en mesure d’interpréter le rôle et les enjeux de la culture numérique. Le CRIHN s’engage, par le biais de cet observatoire, à valoriser l’expertise québécoise (déjà reconnue nationalement et internationalement dans le monde académique) dans le milieu journalistique et chez les citoyens intéressés par les nombreux enjeux de la culture numérique.

La réflexion sur le numérique se base sur des textes récents, qui traitent directement des technologies numériques, comme sur des textes plus anciens – et même sur des classiques –, qui servent à définir les outils conceptuels pour une réflexion sur le numérique. Autrement dit, il s’agit d’une perspective longitudinale qui cherche à mieux comprendre les continuités et discontinuités du passé, du présent et de l’avenir. Depuis quelques années, la production scientifique sur les problématiques liées au numérique est très riche, pourtant aucun travail bibliographique complet n’a encore été proposé qui aille au-delà des cadres disciplinaires. Ce travail devient aujourd’hui nécessaire et sera pris en charge par notre observatoire avec l’aide des étudiants impliqués dans le CRIHN.

L’observatoire a donc un double objectif et une double fonction : veille et communication.